28 septembre 2012

Bac + 5

Bon bah voilà. J'ai soutenu mon mémoire, on peut dire que j'ai virtuellement fini mes études. Je suis une jeune diplômée qui échappe au chômage en tentant les concours de l'enseignement.

Ma soutenance était... étrange. J'ai stressé comme une dingue toute la matinée, j'ai séché le cours de littérature pour tenter d'oublier mon malheur certain à la cafétéria, j'ai rien écouté du cours de civi, j'ai vu Copine Tutrice pour décompresser, elle a feuilleté mon mémoire en me disant que ça avait l'air super intéressant, j'ai attendu devant le bureau de mon directeur, et le moment est arrivé.

Je passe les détails, mon speech partait bien puis freestyle, mais comme j'ai bossé mon truc pendant plus de six mois, j'aurais pu parler une heure (ok, non, mais au moins 25 minutes). Les deux profs étaient cools, j'ai décompressé, j'ai eu des critiques, mais suivis d'une cargaison de compliments qui m'a donné envie de pleurer (fuck yeah le stress qui fait tomber mes cheveux comme l'a subtilement souligné la coiffeuse, et la fatigue accumulée depuis un mois).

Le directeur du département était le 2e membre du jury. Ce même directeur du département qui est aussi président du fandom sous-marin de mon ancien blog, lecture préférée des profs de ma fac. Je le voyais gros comme une maison que le sujet allait arriver, surtout avec son "j'aimerais vous parler après la soutenance, j'ai des choses à vous dire".

*STAY CALM*

Si mon mémoire a été officiellement reconnu comme sérieux, très bien écrit, "de bonnes phrases d'accroche", "vous avez des facilités", "j'ai appris beaucoup de chose", mon directeur de recherche qui connait TOUTES les séries du monde "I just want my pants back ? bien sûr, ça aurait été peut-être un meilleur exemple que Girls. Bored to Death ? bien sur !", point fangirl atteint en 12 secondes chrono, tout propre et bien présenté, j'ai manqué d'analyse plus profonde et de définition de concepts. Je le savais vu que le moindre bouquin de socio pure et dure me tombait des mains et que j'ai fait une allergie massive à Bourdieu alors qu'il écrit des trucs ultra intéressants. J'ai eu 13, ce qui est moyen après les notes légèrement ouf de la promo et une grande quantité de 16. Même un 18. Même un 19 à cette petit princesse bourge qui était le 2e crush du Roumain et qui ne m'invitait pas à ses soirées alors qu'on était voisines et qu'on avait une tapée d'amis communs. Bref, j'étais un peu mitigée (mais tellement soulagée d'avoir fini) jusqu'à ce que le sujet délicat des blogs arrive sur le tapis.

Le directeur du département a commencé à me complimenter sur mon style, mon écriture, "je vois beaucoup de talent en vous", et soudain boum "oui, j'ai lu votre blog pendant des années"

*STAY CALM*

Je ne sais pas prendre les compliments, soit je fais comme si je ne les méritais pas, ce qui passe pour de la fausse modestie ou du self-deprecating maladif, soit je deviens rouge, soit je glousse comme un gros dindon. Là j'ai eu envie de pleurer (réaction inédite so far). Un peu. J'ai regardé rapidement mon directeur de recherche, qui n'était pas censé être au courant, même si je me doutais d'un gros complot international pendant la délibération. Il a ri et je me suis demandée ce qu'il savait. Et qui n'était pas au courant dans la fac finalement. Mais ça va. Officiellement je ne blog plus (mmmh nooooon, j'ai plus vraiment le temps mmmmh mouiii voilà), je suis juste un souvenir impérissable du département sur les potins de la licence, mes aventures de l'erasmussie ("j'ai vu que votre année Erasmus s'est très bien passée !" ah oui, j'imagine qu'il a bien ri le jour où j'ai écrit que j'avais roulé des pelles à un mec à peine majeur après un abus non contrôlé de vodka orange) (donc il sait aussi qu'avec BFF, ça sent le pâté) (et que j'avais des colocs pourris) (bref). Mais ces profs mettent beaucoup d'espoir en moi, et même si je n'ai pas eu 16 à mon mémoire, savoir qu'ils pensent que j'ai du talent me touche beaucoup. Surtout que ce sont mes profs préférés (un peu moins celle qui m'a balancée depuis, mais c'est le jeu). Ils veulent que j'explore l'écriture, que je gagne ma vie à bloguer (oui, comme une vraie BM vendue au grand capital !) peut-être plus que l'enseignement (je les sentais moyennement convaincus sur ma vocation un peu molle à enseigner). Ca vaut largement un 19, même si c'est pas techniquement un 19. Ca me fait juste bizarre de ne pas pouvoir partager ça avec les gens de la vraie vie. Je dois juste me contenter de dire que j'ai eu beaucoup de compliments (qui m'ont donner envie de pleurer) (bon j'arrête avec le mélo). Je contiens mon enthousiasme.

Mais je n'ai toujours pas résolu le mystère du comment ont-ils découvert mon blog la première fois. Oui, faut que je dépasse le sourire gêné et l'envie de me cacher sous la table dès que je sens qu'on arrive vers le sujet des internets.

Enfin, si vous passez par là les profs (mais ça m'étonnerait, mais on sait jamais), merci beaucoup, coeur avec les mains, toussa.


Et merci à ceux qui ont envoyé des liens, des articles, des trucs rigolos pour mon mémoire, et tous mes followers twitter qui ont subi un LT plus ou moins agréable ces derniers mois sur mes phases up and down.

Bisous, coeurs, amour !




21 septembre 2012

Tonight let's get some

Deux jours et demi de cours, cinq envies de me pendre, un (seul) cours de civi parfait, une soirée remplie d'updates gossip.

Ne pas avoir eu cours depuis janvier a eu raison de moi et de mon rythme de sommeil. J'ai pratiqué le dormir moins pour bosser plus sur la fin du mémoire, mais j'ai beau dormir plus pour zoner moins depuis que j'ai fini, rien n'y fait. J'ai toujours l'impression de traîner tous les malheurs de la terre dans mes cernes, mon teint de bidet et mes cheveux ternes. Si les zombies envahissent le monde, je passerais facilement pour une des leurs et, incognito, je sauverai l'humanité d'une fin certaine.

BFF est à la fac, en 2e année de master enseignement. Les copines l'ont vue, m'ont rapporté l'info et sont restées sur l'arrière train quand je leur ai dit que je n'avais plus aucune nouvelles depuis le mois de mars. Officiellement je ne sais pas qu'elle est là. Son comportement incompréhensible attire la sympathie de mon côté, je ne vais pas me plaindre. J'ai cru l'avoir vue dans les couloirs de la fac, un sosie de loin qui m'a superbement ignorée. A raison puisque ce n'était pas elle. Si je viens à vraiment croiser sa route, nous atteindrons un niveau inédit dans l'awkward.

17 septembre 2012

L'amitié, ce gros tas de caca

Je suis terriblement lasse de cette non relation qui s'effiloche avec BFF. BFF qui n'a plus de BFF que les initiales parce qu'on est plus rendu à Worst Friend Ever que Best Friend Forever.

Je n'avais plus de nouvelles depuis mars avril, quelque chose comme ça, un message pour me demander des détails sur un exam, me dire "hey tu sais c'est bientôt mon anniversaire" (cool story bro !) et puis plus rien, parce qu'à quoi bon.
J'ai appris en fouinant sur le facebook de son mec qu'elle revenait en France, qu'elle revenait à la fac, que lui allait se trouver un boulot et mon enquête finale m'a menée sur l'annuaire de la fac pour voir qu'elle était inscrite en 2e année de master enseignement, donc pour passer le Capes cette année.

Le problème c'est que je suis très rancunière. Je n'oublie rien. Encore moins quand les gens ne disparaissent pas totalement de ma vie et qu'ils vont et viennent, ce qui ne fait qu'achever ma rancoeur et mon aigritude de vieille radasse poilue. Elle va donc revenir même si je ne vais pas la voir souvent parce qu'elle aura des stages en collège, mais elle va se lier d'amitié avec des gens que j'aime bien, et ça va m'énerver. Mais ce qui m'énerve le plus, c'est son absence totale de politesse ou de respect des règles de base des relations diplomatiques. Officiellement on n'est pas en froid même si on est quelque part entre "on se parle" et "on se parle pas". On s'est vues en janvier, ça s'est bien passé, c'était sympa. Elle revient en France, on est dans la même fac, elle ne bouge pas le petit doigt pour me prévenir alors qu'elle sait qu'on peut se croiser à tout instant et qu'on aura forcément à nouveau un paquet d'amis communs. Je ne la comprends absolument pas et plus ça va, plus je me dis que tout ça est un immense gâchis.


7 septembre 2012

Le confort du jean slim taille 40

Donc c'est la rentrée. Presque. J'ai fini mon mémoire à 90%, je le rends lundi, il faudrait que je me rappelle au bon souvenir de mon directeur qui n'a pas l'air de s'inquiéter de mon silence radio depuis début juin. Mais je n'ai pas vraiment eu besoin de lui, peut-être ai-je eu tord mais j'aime faire mes trucs de mon côté sans qu'on vienne m'embêter.
Ma vie s'est donc résumée à écrire des pages, à glander, beaucoup, à stresser, un peu, me laver les cheveux de manière épisodique et à prendre du poids. J'ai pris une taille de jean mais dans un élan visionnaire, j'avais acheté un jean Pimkie à 15€ au début de l'été, cette petite merveille est un vrai pyjama. 
C'était à peu près le seul breaking news du moment

Sauf que lorsqu'on l'attend le moins, Blond sort du bois, il m'a envoyé un mail, 48h après mon retour sur les réseaux sociaux comme on dit à la télé, j'ai paniqué, j'ai maudit facebook et la technologie du 21e siècle.

[interlude gifesque qui aurait sa place sur un mauvais reaction Tumblr "Quand Blond m'envoie un message"


ce genre de Tumblr est en train de ruiner la spontanéité lolesque du gif, cette tendance doit prendre fin]

Il voulait qu'on se voit parce qu'il était en ville pour quelques jours, donc voyons nous.
Oui, non, peut-être, finalement c'est un oui, tu passes  en finale.

Comme j'étais coupée du monde des internets 2.0, je n'avais plus de nouvelle du Roumain, ni de qui que ce soit, je n'avais aucune idée de qui j'allais retrouver à la fac. Ma plus grande angoisse étant de retrouver BFF qui devait théoriquement rentrer au pays. Elle était effectivement rentrée au pays. Sans m'avertir de quoi que ce soit. J'ai été obligée d'aller fouiner sur la page de son mec pour découvrir qu'ils s'installaient en ville tous les deux et que lui allait chercher un boulot. Elle, rien.
Je le voyais gros comme un maison qu'on allait se retrouver en Agreg et que ça allait être l'année du froid polaire.

J'étais donc un peu nerveuse à l'idée d'aller à la fac aujourd'hui et de cumuler de potentielles retrouvailles pleines d'émotions hypocrites avec BFF et de revoir Blond dans la foulée. Et Blond, comme à son habitude, ne répondait pas à mes messages, relou bonjour.

J'ai passé l'aprem avec Copine Tutrice à qui j'ai déballé toute l'histoire de Blond, "oooh, je te voyais pas comme ça, tu parlais jamais de mec cette année, du coup Garçon Tuteur te croyais lesbienne même, n'importe quoi ! oh mais c'est trop triste, oooh" *puppy face*
On notera la logique implacable de Garçon Tuteur, une fille qui ne parle pas de mecs régulièrement est sûrement lesbienne. Ironique pouce en l'air.
Puis j'ai croisé le Roumain devant le secrétariat, en train de s'inscrire, comme moi, voilà voilà. Nous allons donc nous asseoir l'un à côté de l'autre un an de plus. Nous avons eu la réunion d'infos, j'ai eu envie de me pendre devant l'ampleur du boulot qui m'attend, j'ai revu des profs membres éminents du fan club sous-marin de mon ancien blog, j'aurai cours avec eux, je suis connue comme le loup blanc. BFF n'était pas là, je ne sais pas où elle est, mais ça fait ça de moins à gérer.

Et l'heure est arrivée. Le Roumain étant de la partie, on est allé se poser en terrasse en attendant Blond. Il est arrivé quelques minutes après.
Il s'est assis à côté de moi, et tout était normal. Enfin je me raccrochais un peu trop à mes clopes au début tout en étant planquée derrière mes lunettes de soleil, mais la normalité de la situation est revenue assez vite.
On a parlé de l'Agreg, de la fac, des perspectives d'avenir inexistantes, du Capes, et quand j'en ai eu marre de raconter mes oraux pour la 1000e fois depuis juin, je lui ai demandé ce qu'il faisait à la rentrée. Il rempile pour de l'assistanat, mais cette fois en Italie (?). Il fait son M2 à distance et il voudrait aller à Lyon en rentrant en France (??). Puis la conversation est arrivée sur son année en Albion. Il était dans une école ultra mega posh où Benadryl Cucumberbatch pourrait faire un colloque sur le problème du posh bashing face à un public de convertis. Il a beaucoup parlé, de beaucoup de choses. De. Son. Ex.

*SUSPENSE AU MAXIMUM*

On était en train de se parler des conditions de recrutement dans ladite école poshy-posh quand soudain:

"ma copine de l'époque voulait bosser là bas aussi, mais elle a pas été prise, elle était un peu deg"

*OHMYGOD*

le plan était donc de bosser en couple.

intervention divine du Roumain : "Ah, c'est pour ça que ça a cassé alors"

*MERCI DE POSER LES BONNES QUESTIONS !!!*

"pas seulement [insert le problème portugais] mais en partie je pense" 

*OHMYGOD*

*FIN DU SUSPENSE*

Meanwhile je suis restée impassible derrière mes lunettes de soleil en sirotant ma bière d'un air détaché.
J'ai également eu une explication quant au mystère de son pote de droite rotary club ami des républicains américains, un assistant de l'école également, qui s'est fait viré au bout de deux mois parce que sa tête ne revenait pas au directeur (true story). Il est "sympa mais c'est un gros bourge parisien quoi". 
*MERCI D'ÊTRE D'ACCORD AVEC MOI*

Après toutes ces révélations et visiblement un goût nouveau à raconter sa vie, on est parti, le Roumain d'un côté, Blond et moi de l'autre. Il sera encore là quelques jours, voyons nous encore qu'il me fait, ça marche, on s'appelle, bisous, à bientôt.

Voilà.
C'était très normal, comme la dernière fois, en plus sympa, en plus "on est des potes normaux et tout va bien", ça ne sert à rien que je lui fasse tacitement la gueule quand je suis de mauvaise humeur, c'est juste un pote que j'apprécie (beaucoup, oui), et voilà. Je vais apprendre à ne plus faire ma drama queen quand il donne des nouvelles.
Mais c'est quand même mieux pour ma santé mentale qu'il soit loin :)

15 août 2012

Je ne suis plus sur Facebook depuis deux semaines

Et franchement, ça fait du bien.
Sauf qu'aujourd'hui j'ai du y faire un retour furtif pour vérifier qu'un pote qui vit à College Station au Texas était toujours en un seul morceau après la fusillade d'il y a deux jours.
Et ensuite j'ai du re retourner pour vérifier que je n'avais pas honteusement oublié un anniversaire.

Et puis bon, comme je passais dans le coin, j'ai fait un tour rapide de mon top 5 des gens que je pourrais potentiellement recroiser dans un futur proche.

Top 5 qui s'est retrouvé amputé d'une personne, parce que j'ai perdu un ami depuis mon exil.

Beau m'a virée de sa friendlist !



JE SUIS VEXATION !

D'autant plus qu'on a toujours 3 mutual friends, dont deux avec qui il ne doit pas avoir plus de contact qu'avec moi.

Adieu les photos de hipsters au pays des hipsters, adieu les vidéos en hd qui ressemblent à des pubs pour Urban Outfitters, adieu le mec plus beau que le plus beau de tes amis gays.

Franchement, dans le genre coup de pute, je m'y attendais pas. Il fait donc partie de ceux qui font régulièrement le ménage dans leur friendlist, pas de pitié pour les désactivations temporaires. 

Facebook, définitivement la grosse merde même quand on y est plus. Ca me donne pas vraiment envie d'y revenir.