Bon bah voilà. J'ai soutenu mon mémoire, on peut dire que j'ai virtuellement fini mes études. Je suis une jeune diplômée qui échappe au chômage en tentant les concours de l'enseignement.
Ma soutenance était... étrange. J'ai stressé comme une dingue toute la matinée, j'ai séché le cours de littérature pour tenter d'oublier mon malheur certain à la cafétéria, j'ai rien écouté du cours de civi, j'ai vu Copine Tutrice pour décompresser, elle a feuilleté mon mémoire en me disant que ça avait l'air super intéressant, j'ai attendu devant le bureau de mon directeur, et le moment est arrivé.
Je passe les détails, mon speech partait bien puis freestyle, mais comme j'ai bossé mon truc pendant plus de six mois, j'aurais pu parler une heure (ok, non, mais au moins 25 minutes). Les deux profs étaient cools, j'ai décompressé, j'ai eu des critiques, mais suivis d'une cargaison de compliments qui m'a donné envie de pleurer (fuck yeah le stress qui fait tomber mes cheveux comme l'a subtilement souligné la coiffeuse, et la fatigue accumulée depuis un mois).
Le directeur du département était le 2e membre du jury. Ce même directeur du département qui est aussi président du fandom sous-marin de mon ancien blog, lecture préférée des profs de ma fac. Je le voyais gros comme une maison que le sujet allait arriver, surtout avec son "j'aimerais vous parler après la soutenance, j'ai des choses à vous dire".
*STAY CALM*
Si mon mémoire a été officiellement reconnu comme sérieux, très bien écrit, "de bonnes phrases d'accroche", "vous avez des facilités", "j'ai appris beaucoup de chose", mon directeur de recherche qui connait TOUTES les séries du monde "I just want my pants back ? bien sûr, ça aurait été peut-être un meilleur exemple que Girls. Bored to Death ? bien sur !", point fangirl atteint en 12 secondes chrono, tout propre et bien présenté, j'ai manqué d'analyse plus profonde et de définition de concepts. Je le savais vu que le moindre bouquin de socio pure et dure me tombait des mains et que j'ai fait une allergie massive à Bourdieu alors qu'il écrit des trucs ultra intéressants. J'ai eu 13, ce qui est moyen après les notes légèrement ouf de la promo et une grande quantité de 16. Même un 18. Même un 19 à cette petit princesse bourge qui était le 2e crush du Roumain et qui ne m'invitait pas à ses soirées alors qu'on était voisines et qu'on avait une tapée d'amis communs. Bref, j'étais un peu mitigée (mais tellement soulagée d'avoir fini) jusqu'à ce que le sujet délicat des blogs arrive sur le tapis.
Le directeur du département a commencé à me complimenter sur mon style, mon écriture, "je vois beaucoup de talent en vous", et soudain boum "oui, j'ai lu votre blog pendant des années"
*STAY CALM*
Je ne sais pas prendre les compliments, soit je fais comme si je ne les méritais pas, ce qui passe pour de la fausse modestie ou du self-deprecating maladif, soit je deviens rouge, soit je glousse comme un gros dindon. Là j'ai eu envie de pleurer (réaction inédite so far). Un peu. J'ai regardé rapidement mon directeur de recherche, qui n'était pas censé être au courant, même si je me doutais d'un gros complot international pendant la délibération. Il a ri et je me suis demandée ce qu'il savait. Et qui n'était pas au courant dans la fac finalement. Mais ça va. Officiellement je ne blog plus (mmmh nooooon, j'ai plus vraiment le temps mmmmh mouiii voilà), je suis juste un souvenir impérissable du département sur les potins de la licence, mes aventures de l'erasmussie ("j'ai vu que votre année Erasmus s'est très bien passée !" ah oui, j'imagine qu'il a bien ri le jour où j'ai écrit que j'avais roulé des pelles à un mec à peine majeur après un abus non contrôlé de vodka orange) (donc il sait aussi qu'avec BFF, ça sent le pâté) (et que j'avais des colocs pourris) (bref). Mais ces profs mettent beaucoup d'espoir en moi, et même si je n'ai pas eu 16 à mon mémoire, savoir qu'ils pensent que j'ai du talent me touche beaucoup. Surtout que ce sont mes profs préférés (un peu moins celle qui m'a balancée depuis, mais c'est le jeu). Ils veulent que j'explore l'écriture, que je gagne ma vie à bloguer (oui, comme une vraie BM vendue au grand capital !) peut-être plus que l'enseignement (je les sentais moyennement convaincus sur ma vocation un peu molle à enseigner). Ca vaut largement un 19, même si c'est pas techniquement un 19. Ca me fait juste bizarre de ne pas pouvoir partager ça avec les gens de la vraie vie. Je dois juste me contenter de dire que j'ai eu beaucoup de compliments (qui m'ont donner envie de pleurer) (bon j'arrête avec le mélo). Je contiens mon enthousiasme.
Mais je n'ai toujours pas résolu le mystère du comment ont-ils découvert mon blog la première fois. Oui, faut que je dépasse le sourire gêné et l'envie de me cacher sous la table dès que je sens qu'on arrive vers le sujet des internets.
Enfin, si vous passez par là les profs (mais ça m'étonnerait, mais on sait jamais), merci beaucoup, coeur avec les mains, toussa.
Et merci à ceux qui ont envoyé des liens, des articles, des trucs rigolos pour mon mémoire, et tous mes followers twitter qui ont subi un LT plus ou moins agréable ces derniers mois sur mes phases up and down.
Bisous, coeurs, amour !


