La promo ne fait pas rêver. Du tout. On est une quinzaine à s’entasser dans une salle trop petite où si tu arrives seulement deux minutes avant le début du cours, tu n’as pas de place sur la table de cette semi salle de réunion (et j’entends des bizuts qui se plaignent d’un manque de megadesk !). L’administration, ces gens qui ne savent pas combiner un nombre d’étudiants inscrits avec le planning des salles de cours. On est victime d’une restriction budgétaire, pas de salle, pas de séparation de la civi et de la litté. D’ailleurs qui sont ces gens sortis de nulle part qui font tous de la littérature d’un coup ? Le pote de Beau, qui est dj en Basse Normandie (précision exotique) prend ses notes sur son ipad. Avoir l’air un peu con quand tu ne peux pas poser ledit ipad ailleurs que sur tes genoux et que tu pries pour qu’il ne tombe pas. Lui et ses Ray Ban, ses milliards de wristbands et ses tshirts the Velvet Underground. Hélas, tu te ne débarrasses pas comme ça d’une raie au milieu et d’une tête de premier de la classe. Le cool ne s’achète pas.
Je fréquente Mr Relou beaucoup trop. On se dit bonjour, il parle, tout le temps, partout, de tout, de rien, il participe en cours, avec son air insupportable, légèrement supérieur tout en se voulant drôle. Je commence à me faire peur car parfois on sort les mêmes remarques au même moment, ou presque. Comment nos esprits peuvent-ils penser à la même blague en même temps ? Alors je me tais, parce que je ne suis pas une grosse relou, et je regrette le temps où j’étais la fille officiellement drôle du groupe. Miss Grosnichons va bientôt me manquer, ça va finir par arriver, je le sens.
Et je suis désormais la voisine de table officielle du Roumain. Et par la force des choses, quinze sur une table, on finit par se faire du pied, du genou, du coude. J’aurais vendu père et mère pour avoir cette proximité spatiale avec Blond ou Beau. Mais là, je sais pas, rien, aucun déclic. C’est trop facile, ou pas évident du tout. Pas de challenge de la copine qui est loin, on voit mon taux de réussite ceci dit. Je ne suis pas over Blond sans doute. Pourtant je n’ai pas envie de lui envoyer de mail, rien (je me contente de stalker son facebook et celui de sa copine), mais j’ai repris la même routine que l’année dernière, ru, pause café, assis dans l’herbe à attendre que le temps passe et finir par aller à la BU ou ailleurs. Ca fait bizarre et je me demande si je suis en train de faire tourner le Roumain en bourrique ou pas du tout. Peut être qu’il est adorable avec toutes les filles parce qu’il a beaucoup d’amies filles, qu’il est bien élevé, qu’il te tient la porte de la BU, du ru, de partout, qu’il s’intéresse vraiment à ce que tu racontes, qu’il est drôle, et que des fois il se passe des trucs auxquels je ne fais pas attention mais en y repensant ça pourrait prêter à confusion. Mais il a un milliard de mimiques alors je ne sais jamais. J’ai l’impression qu’on évite soigneusement de parler de Blond et qu’on est juste assis là, dans l’herbe à se demander si on reste dans la friend zone ou pas. Ou juste ce qu’on va faire de nos vies, sans plus.
(j'ai miraculeusement avancé dans Absalom Absalom et ses phrases d'une page. Faulkner te met au défi de dépasser le 1er chapitre auquel je n'ai rien compris du tout. Et maintenant je n'ai aucun scrupules à balancer de la parenthèse à gogo) (Faulkner, le roi de la digression entre parenthèses)
(j'ai miraculeusement avancé dans Absalom Absalom et ses phrases d'une page. Faulkner te met au défi de dépasser le 1er chapitre auquel je n'ai rien compris du tout. Et maintenant je n'ai aucun scrupules à balancer de la parenthèse à gogo) (Faulkner, le roi de la digression entre parenthèses)
Roule une pelle à ce roumain. Je t'ordonne de pas être aussi cruche que moi ;)
RépondreSupprimerJ'aurais envoie de "plussoyer" le commentaire de Camille, là !
RépondreSupprimer"Envie". "J'aurais envIe", pas "envoie"
RépondreSupprimer(pfff...)