27 décembre 2011

Creepy stalker is creepy

Il y a un peu plus de six mois, un mec complètement givré m’a appelée sur mon portable. C’était un dimanche, j’étais toute seule, mes parents étaient partis se promener, je trainais à moitié en pyjama, et soudain, téléphone, numéro privé. Le truc qui n’arrive jamais, parce que personne ne m’appelle jamais à part ma mère, et encore moins en numéro privé. 

Je décroche, allô ? et j’entends une voix d’homme bien sinistre me dire : «j’veux baiser !» 

Angoisse totale, je suis toute seule, je vais mourir dans ma maison, assassinée par un dangereux maniaque sexuel qui me mate dans mon pyjama en pilou rose. Bien sûr, le dangereux maniaque sexuel ne pouvait pas me voir parce qu’il n’y avait pas de vis-à-vis depuis ma chambre, et la porte de la maison était du genre blindée. 

Il a insisté trois ou quatre fois, j’ai éteint mon téléphone tout l’après midi, j’ai mis au point un plan, j’ai rallumé mn portable le soir, il a rappelé, je l’ai laissé parler dans le vide, puis je lui ai passé du Britney. Et il a disparu comme il est venu. 

Britney, arme anti stalker. 

Sauf que non. Il y a deux semaines, je tentais plus ou moins de bosser mon essai de civi, je n’étais pas toute seule dans l’appart, j’étais habillée, appel en numéro privé. Je décroche, on raccroche. How funny ! ça se répète toutes les demi heures pendant deux heures, je finis par éteindre mon téléphone. Je le rallume le soir, je décroche, je ne dis pas allô, rien, mais j’entends une voix d’homme, allô ? il raccroche. Il rappelle deux minutes plus tard, je réponds, et là :  « j’veux baiser ! » 

Welcome back baby ! 

Je l’ai reconnu immédiatement, la même intonation, le même style. Je lui ai à nouveau passé du Britney, pas de nouvelle pendant environ une semaine. 

Britney FTW ! 

Sauf que non. 

Mercredi dernier, un appel en absence, numéro privé. Jeudi, 23h40, numéro privé, je décroche, « j’veux baiser ! ». Je regardais Dirty Dancing (pour la première fois, awesome répliques are awsome !), il a eu droit au final, on laisse pas creepy stalker dans un coin ! Il a rappelé vendredi, j’ai pas décroché, samedi, le 24 décembre à 23h42, j’avais calé Thérèse sos détresse amitié mais je m’étais couchée trop tôt, il a rappelé dimanche à 20h, pas prête, la flemme, lundi il a aussi eu mon répondeur, et hier soir. 

Hier je blablatais Community avec Copine Trocoule (fraichement convertie, 2 saisons en 2 semaines), 23h30, numéro privé. Je décroche. Rien n’était prêt, ni Thérèse, ni ma playlist de Noël, ni Britney. Je l’entends commencer son speech, je pars à la chasse au mp3, je ponctue plus ou moins pour essayer d’en savoir plus, mauvaise idée. « j’me branle là » ouh lovely ! « enlève ta culotte ! » je réponds « euh non merci », il enchaine « ouvre la bouche », toujours à la recherche de BritBrit je lâche un « attendez deux minutes, voilà », My Only Wish this year in da place. Il raccroche. 

CREEPY ! 

Je débriefe avec Copine Trocoule, c’est à la fois drôle, ridicule, et flippant. Il rappelle. 

Là, c’est le moment ou jamais de lui passer Thérèse. Bien sûr, je n’étais toujours pas prête, mais je voulais le faire. Il repart à zéro « j’ai envie d’baiser », et moi à fond dans ma recherche de vidéo, je réplique : « patientez deux minutes s’il vous plait ». Silence au bout du fil. 

Le mec a vraiment patienté sagement pendant que je calais la vidéo au bon moment. J’étais tellement surprise par mon autorité soudaine avec ma petite voix enrhumée que j’ai cru qu’il avait raccroché. J’ai tenté un « euh, allô ? », il était toujours là. J’ai lâché Thérèse, fière comme tout, il a raccroché. 

Il va sûrement rappeler ce soir, et demain, peut être tout les jours jusqu’à la rentrée (il doit avoir un travail, il se cale sur les week-ends, vacances et jours fériés). 

Bizarrement, ça ne me fait pas trop flipper. C’est flippant bien sûr, mais la situation est beaucoup plus pathétique que flippante. Il n’est pas coriace, il appelle une fois par jour, il ne laisse jamais de message, je doute qu’il connaisse mon nom (mais on sait jamais), on est loin d’un stalker professionnel qui appelle toutes les 12 minutes. 

Il a cette voix typique de pervers, accent plouc campagne, intonations Nord Pas de Calais sur les voyelles, « j’meu branle lô », l’idéal Confessions Intimes. 

Presque trop idéal. 

Pour l’instant je gère, j’attends le moment où il m’appellera quand je serai en pleine socialisation et que je lui passerai les copines qui voulaient déjà lui parler la semaine dernière, j’attends le moment où je lui donnerai le numéro de Miss Grosnichons pour le fun (bitch forever), et le jour où je prendrai mon courage à deux mains pour lui vraiment lui parler et lui demander son numéro (après tout, j’ai été capable de le faire taire), que je le rappelle, et que je le blackliste, que je le balance sur les internets et les murs des toilettes de la fac. 

En espérant qu’il ne m’appelle jamais 12 fois par jour. 

C’est mon creepy Dominique Strauss-Khan, mais je vivais très bien avant aussi. 

3 commentaires:

  1. Le mien est plus sympa, il m'a envoyé une lettre pour me dire que j'étais impressionnante et qu'il voudrait me rencontrer.

    Par contre il a mon nom, mon prénom, mon adresse et mon numéro de téléphone (et probablement toutes les informations qu'on peut trouver sur les internets à mon sujet), et il passe à la maison tranquille pour savoir si je veux boire un café avec lui.

    La prochaine fois, j'essaierai Britney.

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  2. Flippant et en même temps j'ai eu envie de rire tout le long de la lecture de ton billet.

    & est-il blond ?

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  3. Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !!!

    Ah ouais, quand même, hein!!

    (et Britney en sauveuse des femmes stalkées, c'est pas extra, ça ??!!)

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